Post-Bac Droit : tout savoir sur les études de droit après le bac
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Premier truc à savoir : le droit, ce n'est pas qu'avocat. Moins de 30 % des diplômés en droit deviennent avocats. Les autres sont juristes d'entreprise, magistrats, notaires, hauts fonctionnaires, juristes de banque, fiscalistes, médiateurs… Le droit, c'est l'une des formations les plus polyvalentes de France. Mais c'est aussi celle où le taux d'échec en 1ère année est le plus élevé du supérieur. On t'explique tout, sans te mentir sur la difficulté.
Sommaire
- 01Le droit en France : les chiffres qui changent la donne
- 02Le droit, ce n'est pas qu'avocat : panorama des voies
- 03Le parcours type : Licence → Master → Concours
- 04La licence de droit en détail
- 05Le taux d'échec en L1 droit : la vérité brute
- 06Comment réussir sa L1 droit
- 07Les masters de droit : la grande spécialisation
- 08Les doubles licences droit : la voie d'élite sous-cotée
- 09Les concours juridiques (CRFPA, ENM, ENG…)
- 10Les métiers du droit et leurs salaires
- 11Les meilleures facs de droit en France
- 12Les alternatives à la fac de droit
- 13Combien ça coûte
- 14Le droit, c'est pour qui ?
- 15Tu hésites encore ?
- 16Les questions que tout le monde se pose
Le droit en France : les chiffres qui changent la donne
Quelques chiffres pour poser les choses avant de te raconter quoi que ce soit.
- Plus de 200 000 étudiants en licence de droit en France (chiffres MESR 2024)
- 44 universités proposent une licence de droit en France
- Le droit est la 3ème filière la plus choisie sur Parcoursup (après les BTS et la PACES/santé)
- ~50 % des étudiants ne valident pas leur L1 droit du premier coup — le taux d'échec le plus élevé du supérieur français
- Frais de scolarité : ~175 €/an en licence dans une université publique (gratuit pour les boursiers)
- Près de 70 000 avocats en exercice en France, ~9 000 magistrats, des dizaines de milliers de juristes d'entreprise
Le droit est la filière universitaire la plus polyvalente de France. Le diplôme te permet d'exercer dans des dizaines de métiers, du privé au public, du contentieux à la finance, de la création à l'audit. C'est aussi la formation la plus exigeante intellectuellement parmi les licences universitaires : volume de lecture massif, méthode rigoureuse, vocabulaire technique précis.
Le droit, ce n'est pas qu'avocat : panorama des voies
Quand tu dis "je veux faire du droit", tu peux viser des dizaines de métiers très différents. Voici les grandes voies, classées par secteur.
Le parcours type : Licence → Master → Concours
Le parcours juridique français suit une logique en 3 étapes assez immuable.
Étape 1 : la licence de droit (3 ans)
Tu fais une licence en droit dans une université. C'est le socle commun de tous les juristes français. Tu apprends les fondamentaux : droit civil, droit constitutionnel, droit pénal, droit administratif, droit des obligations, procédure civile, procédure pénale, histoire du droit, droit international.
À la fin de la L3, tu sors avec une licence en droit (Bac+3). C'est un diplôme reconnu mais pas suffisant pour la plupart des métiers du droit.
Étape 2 : le master de droit (2 ans)
Tu candidates à un master sur dossier sélectif (depuis 2017, tous les masters sélectionnent à l'entrée du M1). C'est en master que tu te spécialises : droit des affaires, droit pénal, droit social, droit fiscal, droit international, droit de la santé…
Tu sors en M2 avec un master en droit (Bac+5). C'est le diplôme minimum pour la plupart des métiers du droit, et le prérequis obligatoire pour passer les concours d'avocat (CRFPA) et de magistrat (ENM).
Étape 3 : le concours et/ou la formation professionnelle
Pour devenir avocat : tu passes le CRFPA (Examen d'entrée au Centre Régional de Formation Professionnelle des Avocats), puis tu fais 18 mois d'école d'avocats + stages.
Pour devenir magistrat : tu passes le concours de l'ENM (École Nationale de la Magistrature) à Bordeaux, puis tu fais 31 mois de formation (cours + stages).
Pour devenir notaire : deux voies — soit le Diplôme Supérieur du Notariat (DSN) universitaire, soit l'INFN (Institut National de Formation Notariale) avec stages.
Pour devenir juriste d'entreprise : pas de concours obligatoire, tu candidates directement aux postes en sortant du M2.
Pour devenir haut fonctionnaire : concours administratifs (INSP ex-ENA, IRA, concours spécifiques de la fonction publique).
La licence de droit en détail
Combien de temps, où, comment ?
Durée : 3 ans (L1, L2, L3 = 6 semestres). Lieu : à l'université, dans une UFR de Droit (Unité de Formation et de Recherche). Toutes les universités françaises proposent une licence de droit, mais avec des niveaux et des spécialisations très différents. Sélection : variable. Certaines facs (Assas, Paris 1, Strasbourg, Aix, Toulouse 1) sont très sélectives sur dossier Parcoursup. D'autres restent en accès libre, mais avec un fort taux d'échec en L1 qui fait office de filtre.
Le rythme et les matières
En L1 (1ère année), tu découvres le droit. Tu ne sais probablement rien à ton arrivée — c'est normal. Voici ce que tu vas étudier :
- Droit civil (introduction, personnes, famille) : la matière reine de la L1
- Droit constitutionnel : organisation des pouvoirs, Constitution, démocratie
- Histoire du droit : du droit romain à aujourd'hui
- Introduction au droit : sources, hiérarchie des normes, raisonnement juridique
- Économie ou science politique : matière périphérique
- Anglais juridique : indispensable pour la suite
Volume horaire : ~25-30 heures de cours par semaine (cours magistraux + travaux dirigés). Plus 15-20 heures de travail personnel obligatoires pour suivre.
En L2 (2ème année), tu approfondis : droit civil (obligations, contrats), droit administratif, droit pénal, droit international, droit de l'Union européenne.
En L3 (3ème année), tu commences à choisir des matières optionnelles selon ta future spécialisation : droit des affaires, droit social, droit fiscal, droit du commerce international…
La méthode juridique : ce qui fait la spécificité du droit
C'est ce qui te dégoûte ou te fascine en arrivant à la fac de droit.
Le cas pratique : on te donne une situation concrète, tu dois identifier les problèmes juridiques, les qualifier, appliquer les règles, conclure. Méthode très rigoureuse.
Le commentaire d'arrêt : on te donne un arrêt de la Cour de cassation ou du Conseil d'État, tu dois en analyser la portée, la méthode, les conséquences.
La dissertation juridique : très différente de la dissertation littéraire. Plan en 2 parties + 2 sous-parties (le fameux "plan en deux parties deux sous-parties" que toute la fac connaît), problématique précise, démonstration argumentée.
Le langage : le droit a son vocabulaire technique. "Stipulation", "disposition", "litispendance", "exception d'illégalité"… Tu vas apprendre une nouvelle langue en parallèle des matières.
Le taux d'échec en L1 droit : la vérité brute
On va te dire ce que les autres pages évitent : environ 50 % des étudiants ne valident pas leur L1 droit du premier coup. C'est le taux d'échec le plus élevé de toutes les licences universitaires françaises.
Pourquoi un tel taux ?
- La méthode juridique est nouvelle pour tout le monde. Tu n'as jamais fait de droit au lycée. Tu débarques en septembre face à des cours magistraux de 300 personnes en amphi, avec des profs qui parlent à 200 mots/minute en utilisant un vocabulaire que tu ne comprends pas. Le choc est brutal.
- Le volume de travail personnel est massif. Pour suivre, il faut 15-20 heures de travail personnel par semaine en plus des cours. Ça veut dire pas de soirée le mardi, pas de week-end de glande complet. Beaucoup d'étudiants sous-estiment ce volume et décrochent en novembre-décembre.
- La fac a un effet "auto-régulateur". Comme la licence de droit est massive et a peu de sélection à l'entrée dans certaines facs, l'examen final fait office de filtre. Les profs n'ont pas honte de mettre 50 % de la promo sous la moyenne. C'est leur façon d'écrémer.
- Beaucoup d'étudiants viennent par défaut. Une partie des étudiants en L1 droit y sont parce qu'ils n'ont pas eu mieux sur Parcoursup, sans projet juridique réel. Ils décrochent rapidement, faute de motivation pour l'effort énorme demandé.
- La transition lycée → fac est rude. On te l'a déjà dit : à la fac, personne ne te tient la main. Si tu n'es pas autonome, organisé et capable de travailler seul, le droit te broie.
Ce que ça veut dire concrètement
- 50 % d'admis directement en L2 (passage normal)
- 20-25 % qui redoublent la L1 (et la valident souvent la 2ème fois)
- 20-25 % qui décrochent ou se réorientent (vers une autre licence, un BUT, un BTS)
Comment réussir sa L1 droit
Règle n°1 : viens à TOUS tes TD
Les travaux dirigés sont là où tu apprends vraiment la méthode juridique. Les CM en amphi sont importants, mais c'est en TD que tu fais des cas pratiques, des commentaires d'arrêt, que tu te fais corriger. Sécher un TD = sécher l'apprentissage. Et les TD sont aussi notés dans la plupart des facs.
Règle n°2 : commence à bosser dès la 1ère semaine
Le mythe "je commence à bosser à partir de novembre" est mortel en droit. Il y a tellement de matière à digérer que si tu commences en retard, tu ne rattrapes jamais. Les bons étudiants commencent à fiche leurs cours dès la semaine 1.
Volume cible : 15-20 heures de travail personnel par semaine, dont au moins 6-8 heures de week-end.
Règle n°3 : maîtrise la méthode juridique avant les connaissances
Ne te lance pas tête baissée dans l'apprentissage par cœur de tous les arrêts. D'abord la méthode : comment construire un cas pratique, un commentaire d'arrêt, une dissertation juridique. Une fois la méthode maîtrisée, les connaissances prennent leur place naturellement.
Ressources gratuites recommandées : les chaînes YouTube de profs de droit (Maître Eolas, Le Droit Pour Tous, etc.), les méthodologies des facs (souvent en libre accès sur les sites des UFR), les manuels de référence (Carbonnier, Terré, Beignier, etc.).
Règle n°4 : trouve un binôme ou un trio de travail
L'isolement est l'un des grands tueurs en L1 droit. Trouve 2-3 personnes sérieuses dans ton TD avec qui tu vas bosser régulièrement. Vous vous expliquez les concepts juridiques entre vous (la meilleure façon d'apprendre), vous vous corrigez les copies, vous partagez les fiches.
Règle n°5 : utilise les fiches d'arrêts dès le début
En droit, chaque arrêt important doit être fiché : faits, procédure, problème de droit, solution, portée. Commencer à ficher dès septembre te permet d'avoir une base solide pour les partiels. Les étudiants qui fichent en mai sont ceux qui craquent.
Règle n°6 : pas de panique sur les premières notes
En L1 droit, avoir 8/20 sur ton premier cas pratique est normal. Ce n'est pas que tu es nul : c'est que tu apprends une méthode totalement nouvelle. Les notes remontent au fil du semestre. Ne te démoralise pas en octobre — la moyenne se construit en mai.
Règle n°7 : si tu doutes, parle
40-50 % de décrochage en L1 droit signifie que tu n'es pas seul à galérer. Va voir tes profs en heures de permanence, parle aux tuteurs étudiants (la plupart des facs ont du tutorat gratuit), utilise les ressources de la BU. Demander de l'aide n'est pas une faiblesse — c'est ce qui distingue ceux qui valident.
Les masters de droit : la grande spécialisation
C'est en master que tu te spécialises vraiment et que tu choisis ta voie professionnelle.
Comment ça se passe
M1 (1ère année de master) : tu candidates sur dossier sélectif depuis la réforme de 2017. Tu choisis un master mention (droit privé, droit public, droit des affaires, droit pénal, droit international, droit social…) qui te donne une grande spécialisation.
M2 (2ème année de master) : tu te spécialises encore plus. C'est là que tu choisis ton M2 spécifique : droit fiscal, droit bancaire, droit de la famille, droit du sport, droit du numérique, droit de l'environnement…
À la sortie : diplôme de master en droit (Bac+5), reconnu pour exercer dans la plupart des métiers du droit.
Les grandes familles de masters
| Famille | Description |
|---|---|
| Droit privé | Master en droit civil, droit notarial, droit pénal, droit social, droit de la famille, droit de la santé, droit immobilier. Pour les futurs avocats généralistes, notaires, juristes en cabinet. |
| Droit des affaires | Master en droit des sociétés, droit fiscal, droit bancaire, droit boursier, droit de la concurrence, M&A, droit du commerce international. Pour les juristes d'entreprise, avocats d'affaires, fiscalistes. |
| Droit public | Master en droit administratif, droit de la fonction publique, droit constitutionnel, droit des collectivités territoriales, droit de la santé publique. Pour les hauts fonctionnaires, juristes en collectivité, magistrats administratifs. |
| Droit international | Master en droit international public, droit international privé, droit européen, droit humanitaire, droit du commerce international. Pour travailler en organisations internationales, ONG, cabinets d'affaires internationaux. |
| Droit pénal | Master en droit pénal général, droit pénal des affaires, sciences criminelles, criminologie. Pour les futurs magistrats, avocats pénalistes, policiers de haut niveau. |
| Droit numérique / propriété intellectuelle | Master en droit du numérique, droit de la propriété intellectuelle, droit des données personnelles. Voie en pleine explosion (RGPD, IA, plateformes…). |
Les masters les plus sélectifs
- École de droit de Sciences Po Paris : très prestigieuse mais accès via Sciences Po (Bac+3 maison ou admission parallèle)
- Master Droit des Affaires de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Assas (Paris 2), Dauphine
- Master Droit Pénal de Paris 1, Aix-Marseille
- Master Droit International de Paris 1, Paris-Saclay, Strasbourg
- Magistère DJCE (Diplôme de Juriste-Conseil d'Entreprise) : à Aix, Lyon 3, Montpellier, Nancy, Nantes, Paris 1, Paris 2, Poitiers, Rennes 1, Strasbourg, Tours — voie d'élite pour le droit des affaires
Les doubles licences droit : la voie d'élite sous-cotée
Si tu as un excellent dossier au lycée et que tu vises l'excellence à la fac, les doubles licences en droit sont peut-être ce qu'il te faut.
Le principe
Tu suis deux licences en parallèle sur 3 ans : la licence de droit + une autre licence (histoire, économie, LLCE anglais, philosophie…). Charge de travail très lourde (35-45 heures/semaine), mais à la sortie tu as deux diplômes.
Les doubles licences en droit les plus connues
- Droit-Histoire (Sorbonne, Assas, Strasbourg, Lyon 3) : la voie classique pour la magistrature (concours ENM), la haute fonction publique, la diplomatie, l'ENA.
- Droit-Économie (Paris 1, Paris 2 Assas, Paris-Dauphine) : la voie pour le droit des affaires haut de gamme, les cabinets internationaux, la finance régulée.
- Droit-LLCE Anglais (Paris 1, Lyon 3, Aix) : pour le droit international, les cabinets anglo-saxons, les organisations internationales.
- Droit-Philosophie (Paris 1, Sorbonne) : pour la recherche, la magistrature, la haute fonction publique, profil très intellectuel.
- Droit-Science Politique (souvent appelée "bilicence droit-sciences politiques") : pour les profils visant Sciences Po master ou la fonction publique.
Pour qui ?
Pour les profils :
- Excellents au lycée (mention Très Bien souvent requise, Bien minimum)
- Très disciplinés : la charge de travail est démentielle
- Curieux et exigeants : tu veux maîtriser deux disciplines, pas survoler
- Avec un projet précis : la double licence est un investissement de 3 ans qui mange ta vie sociale
Les avantages
- Réseau d'élite : promos très sélectionnées (40-100 étudiants)
- Reconnaissance massive : à la sortie, tu es très recherché en M1 sélectif et en concours (ENM, ENA, Sciences Po master, écoles de commerce admission parallèle)
- Polyvalence intellectuelle : tu peux ensuite te spécialiser dans n'importe quelle voie juridique avec un avantage compétitif
- Coût : ~175 €/an comme une licence classique
Les inconvénients
- Charge de travail comparable à une CPGE : 40-45 heures cours + travail personnel
- Pas de pause : les week-ends servent souvent à rattraper
- Sélection à l'entrée très forte : ces filières prennent le top du top des bacheliers (mention TB souvent indispensable)
Les concours juridiques (CRFPA, ENM, ENG…)
Une partie importante des métiers du droit passe par des concours d'État. Voici les principaux.
CRFPA — Examen d'entrée à l'école d'avocats
Objectif : devenir avocat. Quand : après le M1 droit (parfois après un M2). Épreuves :
- Écrits : note de synthèse, cas pratique en droit civil ou pénal selon spécialité, droit des obligations, procédure, libertés fondamentales
- Oraux : grand oral (LF), langue vivante, commentaire de texte
Taux de réussite : ~30-40 % selon les centres. Après : 18 mois en école d'avocats (CRFPA) + stages + serment.
Concours de l'ENM (École Nationale de la Magistrature)
Objectif : devenir magistrat (juge ou procureur). Quand : après le M1 droit (3 voies de concours : externe pour étudiants, interne pour fonctionnaires, 3ème voie pour expérience pro). Épreuves : écrits (droit civil, pénal, administratif, droit européen) + oraux + culture générale. L'un des concours les plus difficiles de France juridique. Taux de réussite : ~15-20 %. Après : 31 mois de formation à Bordeaux (cours + stages en juridiction). Puis affectation à un poste.
Concours de greffier (ENG — École Nationale des Greffes)
Objectif : devenir greffier (officier de justice qui assiste les juges). Quand : après une licence de droit. Épreuves : QCM + cas pratiques + oraux. Après : 18 mois de formation à Dijon.
Concours de la haute fonction publique (INSP, IRA…)
Objectif : devenir haut fonctionnaire (administrateurs de l'État, sous-préfets, conseillers en cabinet ministériel…). Quand : après un Bac+5 (souvent un master de droit, sciences po, ou IEP). Concours principaux :
- INSP (ex-ENA) : le concours le plus prestigieux, pour les administrateurs de l'État et hauts fonctionnaires
- IRA (Instituts Régionaux d'Administration) : pour les attachés d'administration
- Concours administratifs spécifiques : ministères, collectivités, hôpital
Taux de réussite : très variable, souvent <10 % pour l'INSP.
Concours de commissaire de justice (ex-huissier)
Objectif : devenir commissaire de justice (depuis 2022, fusion huissier + commissaire-priseur). Quand : après le M1 droit. Voie : examen + 2 ans de formation à l'INCJ.
Les métiers du droit et leurs salaires
Panorama complet des principaux métiers du droit, avec salaires moyens (sources : enquêtes ministère de la Justice, syndicats professionnels, études INSEE 2024).
Avocat
Formation : Master 1 droit + CRFPA + 18 mois école d'avocats + serment. Salaire débutant en collaboration : 30 000 - 45 000 €/an en province, 45 000 - 65 000 €/an à Paris dans les grands cabinets. Salaire en cabinet d'affaires international (Paris) : 50 000 - 90 000 €/an dès la 1ère année dans les top firms (Linklaters, Clifford Chance, Bredin Prat…). En libéral après 10 ans : très variable — de 40 000 € à plusieurs centaines de milliers selon la clientèle et la spécialité.
Magistrat (juge ou procureur)
Formation : Master 1 droit + concours ENM + 31 mois de formation. Salaire débutant : ~38 000 €/an net. Salaire après 10 ans : 60 000 - 75 000 €/an net. Évolution : grille indiciaire fixe, progression à l'ancienneté + concours internes.
Notaire
Formation : Master 2 droit + DSN ou INFN. Salaire collaborateur : 45 000 - 70 000 €/an en début. En tant qu'associé : 80 000 - 200 000 €/an selon la taille de l'étude et la région.
Juriste d'entreprise
Formation : Master 2 droit (privé, affaires, social, fiscal, etc.). DJCE recommandé pour le haut de gamme. Salaire débutant : 35 000 - 50 000 €/an. Après 5 ans : 50 000 - 70 000 €/an. Directeur juridique (10-15 ans) : 80 000 - 150 000 €/an dans les grands groupes.
Juriste en banque/assurance
Formation : Master 2 droit bancaire/financier ou droit des assurances. Salaire débutant : 38 000 - 50 000 €/an. Après 10 ans : 70 000 - 100 000 €/an.
Haut fonctionnaire (INSP, ex-ENA)
Formation : Bac+5 + concours INSP + 24 mois de formation. Salaire débutant : 35 000 - 45 000 €/an. Évolution : très rapide — ~70 000-90 000 €/an après 10 ans pour un sous-préfet ou conseiller en cabinet ministériel.
Greffier
Formation : Licence droit + concours ENG + 18 mois de formation. Salaire débutant : ~30 000 €/an net. Après 10 ans : 35 000 - 45 000 €/an.
Commissaire de justice (ex-huissier)
Formation : Master 1 droit + INCJ + 2 ans. Salaire en libéral : 50 000 - 80 000 €/an en début, 150 000 - 300 000 €/an pour un associé dans une grosse étude.
Avocat fiscaliste
Formation : Master 2 droit fiscal + CRFPA. Salaire débutant en cabinet d'affaires : 50 000 - 70 000 €/an, jusqu'à 90 000 € dans les top firms. Associé : 150 000 - 500 000 €/an et plus.
Universitaire en droit
Formation : Doctorat + concours d'agrégation pour les professeurs. Maître de conférences : 30 000 - 50 000 €/an net. Professeur des universités : 50 000 - 80 000 €/an net.
→ Tous les métiers du droit en détail (bientôt)
Les meilleures facs de droit en France
"Meilleure" dépend de ce que tu vises. Mais voici les facs les plus reconnues pour la qualité de leurs licences et de leurs masters.
Top tier — Les facs d'élite
- Paris 2 Panthéon-Assas : la plus prestigieuse fac de droit française. Excellence en droit privé, droit pénal, droit des affaires. Très sélective sur dossier.
- Paris 1 Panthéon-Sorbonne : excellence en droit international, droit des affaires, droit public. Forte recherche.
- Sciences Po Paris (École de Droit) : pour les masters uniquement (pas de licence). Très internationalisée, voie haut de gamme pour le droit des affaires et international.
- Paris-Dauphine PSL : voie économie + droit, très réputée pour le droit des affaires.
Top tier régional — Les grandes facs de province
- Aix-Marseille (Université) : excellente fac, traditionnelle en droit civil et droit international privé.
- Strasbourg : voie royale pour le droit européen et international (proximité institutions UE).
- Toulouse 1 Capitole : très bonne réputation, excellence en droit privé et fiscal.
- Lyon 3 Jean Moulin : DJCE très réputé, excellence en droit des affaires.
- Bordeaux : grande tradition juridique, bonne fac généraliste.
- Nantes : DJCE réputé, bonne fac pour le droit des affaires.
- Montpellier : DJCE, bonne réputation traditionnelle.
- Rennes 1 : excellente, DJCE, droit social très réputé.
Comment choisir ta fac de droit ?
Si tu vises l'excellence et que ton dossier est top : Assas, Paris 1, Sciences Po (master).
Si tu cherches une bonne fac proche de chez toi : la plupart des facs de droit en métropole offrent une qualité de licence comparable. La différence se fait surtout au niveau master (sélectivité, partenariats, débouchés).
Si tu vises le droit des affaires : facs avec DJCE (Aix, Lyon 3, Montpellier, Nancy, Nantes, Paris 1, Paris 2, Poitiers, Rennes 1, Strasbourg, Tours).
Si tu vises le droit européen ou international : Strasbourg, Paris 1, Paris-Saclay.
Si tu vises la magistrature ou la haute fonction publique : Paris 1, Paris 2, Sciences Po, ou une fac avec une double licence droit-histoire.
Les alternatives à la fac de droit
Le droit ne se fait pas que par la fac. Voici les autres voies possibles.
Sciences Po + master de droit
Tu peux faire Sciences Po Paris ou un IEP de région en bachelor (3 ans), puis intégrer un master de droit soit à Sciences Po soit dans une fac. Avantage : tu as un profil généraliste de haut niveau + une spécialisation juridique. Inconvénient : ce n'est pas le chemin le plus direct, et certains employeurs juridiques préfèrent encore les profils 100 % facs de droit.
→ Notre page Post-Bac Sciences Po & IEP
Prépa D1 (Économie-Droit)
La prépa D1 (anciennement appelée "prépa Cachan") est une voie hybride entre prépa et licence : tu fais ta licence de droit à la fac et tu suis des cours en prépa au lycée pour préparer les concours des écoles de commerce et de l'ENS Paris-Saclay. Voie sélective et exigeante mais excellente pour les profils qui hésitent entre droit et commerce.
École de notariat (DSN ou INFN)
Si tu veux devenir notaire, deux voies se présentent après ta L3 droit : le DSN (Diplôme Supérieur du Notariat) à l'université (gratuit), ou l'INFN (Institut National de Formation Notariale) avec stages. Les deux mènent au métier.
École privée de droit ou écoles de juristes
Quelques écoles privées proposent des formations en droit (HEAD, ESDC, HEDAC…) souvent en double cursus avec une fac. Coût élevé (5 000-9 000 €/an), réputation très inégale. À étudier au cas par cas — le diplôme de la fac partenaire est ce qui compte vraiment.
Universités étrangères
Pour les profils internationaux, plusieurs voies :
- LLB (Bachelor of Laws) au Royaume-Uni, en Irlande, à Malte
- Universités belges, suisses, québécoises francophones
- Doubles diplômes entre facs françaises et étrangères (Paris 1 - King's College, Assas - Sorbonne Abu Dhabi…)
Combien ça coûte
C'est l'un des grands atouts du droit en France.
Frais d'inscription en fac
CVEC : 103 €/an (boursiers exonérés).
Coûts annexes à prévoir
- Logement étudiant : 350 - 1 200 €/mois selon ville
- Vie courante : 400 - 600 €/mois
- Codes (Civil, Pénal, Procédure…) : ~150-300 €/an (ils sont mis à jour chaque année)
- Manuels et ouvrages : 200-400 €/an (la BU couvre une grosse partie)
- Annales et fiches de méthode : 50-200 €/an
Le coût de la formation post-master (avocat, notaire, etc.)
C'est là que ça devient cher.
- École d'avocats (CRFPA) : 18 mois, payant (~2 500-7 000 € selon les écoles, certaines facturent l'inscription, d'autres sont gratuites pour les boursiers).
- ENM (magistrats) : gratuite et rémunérée ! Tu touches un salaire d'élève-magistrat (~1 700 €/mois net) pendant tes 31 mois de formation.
- INFN (notaires) : payant, ~3 000-5 000 € selon les centres.
- INSP (haute fonction publique) : gratuite et rémunérée (~1 800 €/mois).
Le droit, c'est pour qui ?
Le droit, c'est pour toi si :
- Tu aimes lire beaucoup, et lire dense (textes de loi, arrêts de jurisprudence, doctrine)
- Tu aimes argumenter, raisonner, débattre
- Tu es rigoureux et tu aimes les choses précises
- Tu acceptes la technicité du langage (le vocabulaire juridique est un vrai apprentissage)
- Tu es prêt à 8-9 ans d'études si tu vises avocat ou magistrat
- Tu es curieux du fonctionnement de la société et de ses règles
- Tu veux un métier à fort impact (pouvoir, autorité, conseil, défense)
Le droit, ce n'est PAS pour toi si :
- Tu veux des études courtes et pratiques (alors prends un BUT Carrières juridiques ou un BTS Notariat)
- Tu détestes lire ou tu lis très lentement
- Tu cherches une formation manuelle ou technique
- Tu n'aimes pas l'argumentation orale et écrite
- Tu cherches une formation à insertion immédiate (le droit demande presque toujours un Bac+5)
Tu hésites encore ?
Le droit, c'est une formation qui ouvre des dizaines de métiers : avocat, magistrat, juriste d'entreprise, notaire, haut fonctionnaire, fiscaliste, juriste en banque, médiateur, chercheur… À condition d'accepter le rythme et la méthode, c'est l'une des voies les plus stimulantes intellectuellement et les mieux insérées sur le marché du travail.
Continue ton orientation avec nos guides détaillés :
→ Réussir sa L1 de droit : méthodes et conseils (bientôt)
→ Le DJCE : la voie d'élite du droit des affaires (bientôt)
→ Devenir avocat : le parcours complet (bientôt)
→ Devenir magistrat : le concours ENM en détail (bientôt)
→ Les masters de droit : comment choisir (bientôt)
→ Sciences Po vs Fac de droit : que choisir (bientôt)
Les questions que tout le monde se pose
- Faut-il avoir gardé Maths au lycée pour faire du droit ?
- Non. Le droit n'utilise quasiment pas de maths. Les spés recommandées sont HGGSP, SES, LLCE, Humanités-littérature-philosophie. Une combinaison HGGSP + SES + spé littéraire est idéale. Les Maths spé ne sont pas un frein, mais elles ne sont pas un avantage non plus.
- Est-il vrai que la moitié des étudiants ratent leur L1 droit ?
- Oui. Environ 50 % des étudiants ne valident pas leur L1 droit du premier coup. Mais une grande partie redouble et valide la 2ème fois. Le taux de décrochage définitif est d'environ 25-30 %.
- Quelles spécialités au bac pour faire du droit ?
- HGGSP est très recommandée (donne une culture politique-juridique). SES est utile (économie, sociologie). LLCE Anglais ou Humanités-littérature-philosophie complètent bien. Évite les combinaisons 100 % scientifiques (Maths + Physique + SVT) sans matière sociétale.
- Combien d'années pour devenir avocat ?
- 8 ans après le bac : 3 ans de licence + 1 an de M1 + concours CRFPA + 18 mois d'école d'avocats + serment. Certains font un M2 avant le CRFPA, ce qui ajoute un an.
- Combien d'années pour devenir magistrat ?
- 8-9 ans après le bac : 3 ans de licence + 1 an de M1 + concours ENM + 31 mois de formation à l'École Nationale de la Magistrature.
- Quelle est la meilleure fac de droit en France ?
- Paris 2 Panthéon-Assas est historiquement considérée comme la meilleure pour le droit privé, le droit pénal et le droit des affaires. Paris 1 Panthéon-Sorbonne est l'autre grande référence (international, public, affaires). Mais beaucoup de facs régionales (Aix, Strasbourg, Toulouse 1, Lyon 3) offrent une excellente formation.
- Peut-on faire des études de droit en alternance ?
- La licence classique n'est pas en alternance. En revanche, beaucoup de masters professionnels en droit (droit social, fiscal, des affaires) proposent l'alternance en M2. Tu travailles dans un cabinet ou une entreprise tout en suivant tes cours.
- Le droit a-t-il des débouchés à l'étranger ?
- Oui, mais avec restrictions. Le droit est fortement national (chaque pays a son système). Pour exercer à l'étranger, tu auras besoin d'équivalences ou de re-certifications (passer le barreau du pays). Les voies les plus internationales sont le droit international, le droit européen, le droit du commerce international (cabinets d'affaires globaux).
- Faut-il prendre une prépa privée pour le CRFPA ?
- Beaucoup le font mais ce n'est pas indispensable. Les prépas privées (Capavocat, ISP, Pré-Barreau, etc.) coûtent entre 1 500 et 4 000 €. Elles apportent méthode + entraînement régulier. Les facs proposent aussi des préparations gratuites (souvent moins intensives). Le taux de réussite est meilleur avec une prépa, mais pas miraculeux.
- Que faire si je rate le CRFPA ou l'ENM ?
- Tu peux retenter : 3 fois pour le CRFPA, 3 fois aussi pour l'ENM. Beaucoup de candidats réussissent à la 2ème ou 3ème tentative. Tu peux aussi te réorienter vers un poste de juriste d'entreprise (qui n'exige pas de concours), ou viser d'autres concours de la fonction publique (greffier, attaché d'administration…).
- Le droit est-il un métier d'avenir ?
- Oui, à condition de bien se positionner. Certaines spécialités explosent : droit du numérique, RGPD, intelligence artificielle, droit de l'environnement, compliance, droit des données. D'autres sont en transformation (le droit traditionnel des affaires se digitalise). L'IA va automatiser certaines tâches juridiques mais créer de la demande sur des sujets nouveaux. Le droit reste l'un des secteurs les plus stables du marché du travail français.
- Doit-on être bon orateur pour faire du droit ?
- Pas en L1, où la majorité du travail est écrit. Mais oui, à la longue, surtout si tu vises avocat ou magistrat. La fac t'apprend progressivement (oraux de TD, examens oraux en master, plaidoiries). Tu peux développer cette compétence : c'est un savoir-faire, pas un don inné.